A l'orée du verger

de Tracy Chevalier



J'ai découvert cette auteure avec La jeune fille à la perle puis Prodigieuses créatures qui m'ont permis d'approcher deux destins hors du commun.
Dans ce roman, on n'approche pas une personnalité qui, à sa manière, a laissé son empreinte dans le monde, on est plongé dans le quotidien d'une simple famille qui est partie dans l'Ouest à la recherche de terres pour s'installer. J'ai retrouvé dans ce texte le plaisir de découvrir un pan de l'histoire américaine que j'avais éprouvé à la lecture de la dernière fugitive.

L'histoire des Goodenough m'a prise aux tripes très rapidement à cause de la violence qui s'insinue dans le couple, l'autre devenant responsable des choix que l'on regrette.
Lui est passionné de pommes et aime profondément ses pommiers, il les greffe, les soigne, les protège, et entretient le souvenir des pommes de son enfance dont il veut garder et retrouver la saveur si particulière. Il transmet sa passion et son savoir à son petit dernier Robert.
Elle se met à haïr ces pommes à fruit qui ont toute l'attention de son mari et ne jure donc que par les pommes à cidre. Elle oublie sa vie misérable dans l'eau de vie. Les décisions qu'il a prises. La jeunesse et l'insouciance qu'elle a perdus. Les petits que la fièvre lui a volés.
On voit les enfants qui se font discrets au milieu de cette haine et assistent impuissants à la mort de leurs parents. Malgré cette violence, l'alternance des points de vue nous permet de comprendre leur douleur, leurs déceptions et parfois leurs espoirs.

J'ai beaucoup aimé la tournure que prend le roman avec les lettres que Robert écrit pendant des années. Preuve de ce lien qu'il veut entretenir avec sa famille. Plus tard on lira aussi les lettres de sa soeur qui s'accrochera à lui pour survivre dans les marais puis pour survivre tout court.
L'histoire de Robert apparait comme un souffle d'air pur. On sort de la vie glauque et dure du Black Swamp pour suivre ses aventures. On ne peut qu'aimer et s'attacher à ce personnage droit, travailleur et amoureux des arbres.
J'ai vraiment accroché à nouveau à l'écriture de l'auteure qui nous fait vivre en profondeur l'histoire américaine en nous plongeant au coeur même d'une famille. C'est doux et intense à la fois.
La vie réserve encore bien des choses à notre héros et j'ai beaucoup aimé cette fin qui sonne à la fois comme une ouverture vers le futur et un cycle qui se referme sur le passé.
Une très belle lecture.

Présentation de l'éditeur:

En 1838, la famille Goodenough s’installe sur les terres marécageuses du Black Swamp, dans l’Ohio. Chaque hiver, la fièvre vient orner d'une nouvelle croix le bout de verger qui fait péniblement vivre ces cultivateurs de pommes. Quinze ans et un drame plus tard, leur fils Robert part tenter sa chance dans l’Ouest et sa sœur Martha n’a qu’un rêve : traverser l’Amérique pour lui confier un lourd secret. 
Des coupe-gorge de New York au port grouillant de San Francisco, À l’orée du verger nous plonge dans l’histoire des pionniers et dans celle, méconnue, des arbres, de la culture des pommiers au commerce des arbres millénaires de Californie.


Je remercie les éditions Folio pour ce partenariat!

Commentaires

  1. Rho, je n'ai pas lu ses deux derniers romans encore mais je suis sûre que je vais aimer ! Il faut que je me trouve celui-là :-)

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  2. Je n'ai lu qu'un seul roman de cette auteure mais je m'étais tellement ennuyée qu'encore aujourd'hui je n'ai malheureusement aucune envie d'en lire un autre xD

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