Terminus Elicius

de Karine Giebel



Quatrième de couverture:


Lettres d'amour d'un assassin...
« Ma chère Jeanne,
J'aimerais que vous m'aimiez comme je vous aime.
Mais, pour m'aimer, il vous faut me connaître.
Savoir ce que je suis... Certains diront un monstre.
D'autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé.
Beaucoup jugeront, condamneront.
Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l'espère.
Hier soir, j'étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle.

Juste le temps de la tuer... »



Mon avis:

J'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver l'écriture de Karine Giebel. Elle crée ici avec brio un triangle amoureux un peu particulier qui nous fait vivre le roman d'une manière inédite. En effet à la tension habituelle d'un bon thriller avec l'affrontement entre un serial killer et un enquêteur s'ajoute ici un mélange d'attachement et de culpabilité avec le personnage de Jeanne à la fois complice et victime.

Notre héroïne se voit comme invisible, transparente. Mais un homme l'a vue, remarquée. Un homme qui lui écrit. Dans son quotidien réglé par ses trajets, elle se sent enfin aimée à la lecture de ces lettres qui l'attendent dans le train. Parce qu'elle ne peut se résoudre à en parler au commissariat où elle travaille, elle devient complice d'un meurtrier. Pourtant tout n'est pas si simple pour Jeanne qui ne peut réagir sans risquer de mourir. Des bribes de son passé remontent au fil des pages et on sent le poids d'une perte importante qui joue dans son manque de confiance en elle. Une blessure connue du meurtrier et qui les lie manifestement...

De son côté Esposito est sur les nerfs devant son enquête qui piétine. Malgré cela et sans trop savoir pourquoi il remarque lui aussi Jeanne. Même en colère devant les conséquences de son silence, même déboussolé par ses crises, il reste touché par cette femme. Ce triangle Esposito-Jeanne-Meurtrier bouge sans cesse au fil des pages, le lecteur frémit des décisions prises, de voir la confiance qui s'étiole ou l'emprise qui se resserre.

Une bonne idée, très bien traitée par l'auteur qui nous offre ici un roman sous tension mais un peu moins noir que certains de ses autres titres. J'ai beaucoup apprécié l'épilogue qui nous permet d'aller un peu plus loin que cette scène finale et offre au lecteur une perspective d'avenir.

En bonus de cette réédition, une nouvelle Aurore en lien avec Terminus Elicius. L'auteur nous plonge dans la détresse d'une jeune fille harcelée et de son frère pour qui elle représente tout. Giebel ici encore n'épargne pas le lecteur et nous offre une fin bien plus sombre que le roman.

Je remercie les éditions Belfond pour ce partenariat à découvrir ici: Terminus Elicius.

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