Sous terre

de Rodolfo Fogwill


Quatrième de couverture:

Début juin 1982, au plus froid de l’hiver des îles Malouines. Les soldats Pipo et Quiquito, ainsi que vingt-deux autres jeunes recrues ayant déserté l’armée argentine, passent les ultimes semaines de guerre tapis dans l’obscurité d’une grotte souterraine. Terrifiés, ils se cachent avec leurs compagnons d’infortune dans les tunnels de cette île si inhospitalière, où règnent le blizzard et la grisaille. La nuit, ils s'aventurent à la surface pour se ravitailler tant bien que mal. Puis ils regagnent leur tanière au lever du jour, où ils attendent, au son de la radio anglaise, des bombes assourdissantes et des histoires qu’ils se racontent inlassablement, la fin de la guerre.

Mon avis:


Ce texte nous place au coeur d'une guerre qui dura 72 jours couta la vie à un millier d'hommes, aux deux tiers argentins et qui opposa l'Argentine et le Royaume-Uni.

Je ne connaissais ni la localisation de ces îles, ni l'histoire de ce conflit, ni l'auteur.  Une découverte totale donc.

L'auteur nous emmène au cour des Malouines avec un groupe de déserteurs. Pour survivre à un combat qui les condamne à coup sûr, ils décident de se terrer. On les surnomme les tatous. Ils s'organisent,  près de trente hommes suivent les règles dictées par les fondateurs, les Rois Mages.

Le style de l'auteur amène le lecteur à se sentir très proche de ces hommes, de leurs craintes, de leurs souffrances, de leurs espoirs et de leurs tracas quotidiens. On a l'impression au début d'être terrés avec eux et de les entendre s'apostropher dans les tunnels. Le ton est très familier, ils tiennent bon, tentent de garder espoir, de marchander pour ne pas manquer, organisent des raids de ravitaillement. On apprend un peu à les connaître, superficiellement bien sûr car ils sont loin d'être ce qu'ils étaient avant. La guerre change les hommes évidemment.

Le point de vue évolue au fil du texte et je n'ai pas su évaluer précisément si le narrateur change ni à quel moment. Rien n'est clairement dit, mais j'ai eu l'impression à la fin du conflit d'être devenue extérieure aux tatous et d'en recueillir les confidences, l'histoire, le drame par le biais du témoignage du seul survivant. De notes prises au fond d'un trou, on passe aux mots sur un bloc de psy dans un cabinet alors que l'enregistrement continue de tourner.

La lecture n'est pas évidente, comme tout récit de guerre, il est poignant et difficile. Mais j'ai apprécié le style de l'auteur qui nous fait vivre cet évènement comme un témoignage alors qu'il nous interroge sur le sens de ce conflit et de la guerre en général. On prend pleinement conscience de l'existence de ces hommes qui servent de chair à canon. De ces premières lignes coincées entre le front et les mines. Ceux qui n'ont d'autre choix que de mourir.

Je remercie les éditions Denoël pour ce partenariat.
Traduit par Séverine Rosset- Sortie: 8 avril 2016

Commentaires

  1. Etant mariée à un british dont le père était engagé dans ce conflit, ça va être difficile pour moi de ramener ce roman argentin à la maison, même s'il a l'air intéressant. Il y a des fois comme ça où on privilégie la paix du logis plutôt que la lecture ;-)

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    1. le texte ne prend pas du tout parti, mais je te comprends!! Merci de ton passage!

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  2. Je ne connais pas grand chose à cette guerre, je note donc

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