La vie et demie

de Sony Labou Tansi


Quatrième de couverture:

Grandeur et décadence d'un immense pays d'Afrique noire, soumis à une dictature sanglante. Une fable où les morts n'y meurent jamais tout à fait, juste retour des choses puisque les vivants n'ont guère le droit d'y vivre.

Mon avis:

La vie et demie est le premier roman (1979) de cet auteur congolais mort en 1995.
Le lecteur est averti qu'il va entendre ici une fable, et cela m'a permis de mettre à distance le texte, d'en supporter l'horreur pour y voir le symbolique, j'en suis sortie évidemment remuée.
Une lecture riche mais difficile!

L'auteur situe cette épopée dans grand pays imaginaire d'Afrique: la Katamalanasie. Le texte s'ouvre sur le face à face entre le dictateur, le Guide Providentiel, et l'opposant : Martial. Mais l'opposant au régime ne veut pas mourir. Il refuse. Au fil du temps et des blessures perpétrées par les différentes guides sur ce pays et sa population, Martial prend de plus en plus d'espace, de place. IL devient un leader encore plus fort, un prophète. Les opposants s'organisent, se font voir ou entendre parfois, mais toujours les Guides providentiels écrasent.

Je n'ai certainement pas tout saisi de ce texte extrêmement riche.
Ce qui m'a le plus remué est certainement le sort de Chaïdana et de sa lignée. Il y a une symbolique ici très forte car la belle Chaïdana est la seule survivante des tortures du Guide. Elle doit manger son père, ses frères et soeurs. Elle a un poids énorme à porter. Ballotée entre la voix de Martial (qui ne peut parler), qui la marque de manière indélébile , qu'elle doit venger et le besoin de se débarrasser de ce poids, ce trop plein de viande à l'intérieur d'elle même. Elle se jette toute entière dans cette vengeance, en se perdant, en essayant peut être aussi de se retrouver, même si elle doit pour ça prendre toute la ville avec son sexe.

Et puis ce poids qui se transmet aux générations suivantes...
"C'était l'année où Chaïdana avait eu quinze ans. Mais le temps. Le temps est par terre. Le ciel, la terre, les choses, tout. Complètement par terre. C'était au temps où la terre était encore ronde, où la mer était la mer - ou la forêt... Non ! la forêt ne compte pas, maintenant que le ciment armé habite les cervelles. La ville... mais laissez la ville tranquille."
Une nouvelle découverte grec au cercle de lecture afro-caribéen de Bordeaux!



Commentaires

  1. tu as oublié de le compter dans le challenge des nombres !

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  2. Des romans sur l'Afrique, ca m'intéresse mais là, c'est trop fictionnalisé...

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    1. Je ne sais pas si tu avais lu mon avis sur celles sui attendent de Fatou Diome mais c'est un vrai coup de coeur dans mes lectures pour le cercle afro.

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