Le Spleen de Paris

de Charles Baudelaire


Mon avis:

J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce texte. Sans être complètement charmée par l'écriture de l'auteur, j'avais réussi à apprécier Les fleurs du mal , mais ici j'ai eu plus de difficultés à être entrainées par les poèmes certainement parce qu'ils sont en prose. C'est en effet beaucoup à l'oreille que la poésie agit sur moi. Lus je les aurai donc sans doute plus appréciés. Ici, malgré les images très présentes, je n'ai pas vu beaucoup plus que des anecdotes. Certaines comme La femme sauvage et la petite maitresse m'ont même parus misogynes.
L'épilogue d'ailleurs est en vers, et à la lecture je sens tout de suite la différence.

D'autres poèmes m'ont tout de même plu ou fait sourire. Tantôt petits contes, tantôt petites tranches de vie, souvenir ou regard porté un instant sur une situation triste ou coasse, toujours à immortaliser par les mots.

Quelques extraits qui m'ont touchée:
La chambre double
"Oui! Le Temps règne; il a repris sa brutale icatutre. Et il me pousse, comme si j'étais un boeuff, avec son double aiguillon.
-"Et hue donc! bourrique! Sue donc, esclave! Vis donc, damné!" "
Un Hémisphère dans une chevelure
"Laisse moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noies. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs."
"Nous nous serions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l'un et à l'autre, et que nos deux âmes désormais n'en feraient plus qu'une; - un rêve qui n'a rien d'original, après tout, si ce n'est, rêvé par tous les hommes, il n'a été réalisé par aucun."
"Enivrez-vous!Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise."

Commentaires

  1. Je l'ai lu aussi cette année. C'est un très beau recueil et j'ai fini par apprécier cette prose. Mais je comprends tes remarques et le premier poème ( l'étranger) ne ressemble pas à un poème... Le premier poème que tu cites ( la chambre double) fait partie des poèmes que j'aime beaucoup...

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    1. Merci pour ton commentaire, je vais rajouter le nom des poèmes d'ailleurs...

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