Concerto pour la main morte

de Olivier Bleys

Quatrième de couverture:

« La vie n’est qu’un tissu d’à-peu-près, de décisions hâtives, de situations instables sur lesquelles on bâtit pourtant un mur en plâtre qu’un coup de poing peut traverser. »
À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n’a qu’un rêve : prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s’offrir un billet, c’est un étranger qu’il voit débarquer dans sa vie : Colin, un pianiste raté dont la main droite refuse d’obéir dès qu’il se met à jouer le concerto nº2 en do mineur de Rachmaninov.


Mon avis:

Quel plaisir que de lire ce conte sibérien écrit par un français! Roman en sept chapitres, écrit comme un compte (conte) à rebours. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère russe si présente, si précise ! L'auteur a voyagé en Sibérie avec d'autres écrivains. Il n'y est pas resté longtemps, mais il a été fasciné par le charme féerique des paysages Russes.

On découvre  à Mourava un décor miséreux mais avec des personnages aux caractères bien trempés, s'accommodant comme ils peuvent de leurs conditions de vie. Vladimir a décidé de réaliser son rêve et de prendre le bateau qui l'amènera dans une grande ville mais malgré le coeur qu'il met dans sa mise en scène, c'est un échec. Débarque alors de ce même bateau un français (et un piano) et c'est chez lui qu'il se présente!

Colin est un pianiste dont la main droite n'en fait qu'à sa tête et refuse systématiquement de jouer un concerto de Rachmaninov. Il ne sait plus que faire et sur un coup de tête il a débarqué avec son piano au milieu de nulle part. 


Au milieu de cette vie austère et froide que seule la vodka artisanale réchauffe  et rythmée par ses heures d'acharnements sur le piano il va trouver bien plus encore que ce qu'il est venu chercher!

J'ai beaucoup aimé la fin de ce conte, les personnages et surtout l'atmosphère avec ce cher Vladimir qui rebaptise notre français Kolincherbo et ponctue ses remarques de vérités sur son pays et ses habitants. 

"L'espoir, c'est bon pour vous, les étrangers. Il y a longtemps qu'en Sibérie, nous n'avons palus cette friandise en magasin."

"Il n'y a que deux façons de passer le temps, ici. C'est l'alcool et les histoires."

"Eh oui, bien sûr, il faut se tutoyer. En Sibérie, la langue elle n'a pas de cravate."


"Dans le passé, souvent la réalité a été dure pour mon peuple. Nous n'en voulions plus, nous lui préférions le rêve. Les artistes en Russie ont des rêves sublimes, ses ivrognes des rêves minables. Qu'importe, ils rêvent tous."


Commentaires

  1. Je suis vraiment contente que tu aies aimé ce petit roman, mais je ne sais pas pourquoi (je suis contente;!!!

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    1. je te comprends, ça me le fait souvent!!

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  2. Coucou Piplo, c'est avec plaisir que je passe chez toi pour découvrir tes lectures, car tu me donnes souvent des idées, des choses que je n'aurais jamais lu sans lire tes chroniques.
    Ce livre du coup me tente énormément, surtout que ma dernière lecture contemporain à été une loupé. Mais j'ai du mal à investir en GF donc j'attendrais une sortie poche éventuelle ou une occasion. Merci pour la découverte.

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    1. C'est gentil Béa merci! J'espère que tu tomberas dessus à l'occasion!

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  3. voila un livre qui m'a plusieurs fois tentée... vous me remotivez!!!!!!!!!!!!

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  4. Je ne connaissais pas du tout, merci pour la découverte :)

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