Rue du bonheur

d'Anna Fredriksson


traduit du suédois par Carine Bruy
Avril 2014

Quatrième de couverture:

Mère célibataire, Johanna lutte pour joindre les deux bouts, tandis que son ex-mari, Calle, a refait sa vie loin d’elle. Il a quitté la ville pour s’installer à Stockholm avec sa nouvelle petite amie – la très sophistiquée et cultivée Fanny – et commencer une carrière couronnée de succès. 
De son côté, Johanna s’inquiète pour ses filles, dont la plus jeune est le souffre-douleur du collège. Pour ne rien arranger, un patient se suicide dans le centre pour toxicomanes dans lequel elle travaille comme aide-soignante, et Calle refuse désormais de lui verser sa pension alimentaire. 
Un beau jour, Johanna gagne vingt millions de couronnes au loto. Sa vie va alors prendre un tout autre chemin. 


Mon avis:

Dans ce roman plusieurs voix ce succèdent et les différents points de vue donnent du rythme à l'histoire atypique de cette famille recomposée: Johanna, Calle, leurs deux filles et la fiancée de Calle: Fanny.

Nous sommes d'abord auprès de Johanna et nous faisons la rencontre de ses deux filles adolescentes et de ses collègues de travail. Elle est passionnée et très douée dans son travail. Même si elle est relativement passive, sa modeste vie dans sa petite ville lui convient mais son avenir financier est compromis depuis que Calle a décidé de ne plus lui verser plus que la pension légale pour leurs filles.

Je me suis rapidement attachée aux personnages surtout à cause de la situation de sa cadette. Harcelée à l'école, souffre douleur, elle se renferme et quand Johanna s'en rend compte elle tente de régler la situation. J'ai trouvé le climat de cette première partie très lourde. La réaction des mères, de ses collègues, de l'établissement scolaire. Je ne sais pas si c'est parce que je suis enseignante ou parce que je suis maman (mon grand entre d'ailleurs dans deux jours au collège) mais j'ai trouvé son impuissance et le déni de tout le monde particulièrement révoltants.

Lorsqu'elle gagne au loto et décide de tout plaquer du jour au lendemain pour rendre leur père à ses filles en s'installant au dessus de chez lui, c'est la voix de Calle qui prend le relais. Son personnage est complexe et pas vraiment attachant de prime abord à cause de sa vision de l'argent, de la façon dont il cherche à accéder à une certaine classe sociale en contrôlant son apparence et son comportement. On se demande ce que lui a trouvé Johanna et ce qui plait à Fanny qui a l'air simple et équilibrée. Celle-ci est d'ailler au contraire extrêmement sympathique tant par les efforts qu'elle fait pour aider à l'intégration de ses belle-filles que dans son attachement sincère à Calle. On comprendra au fil des pages les failles de cet homme qui tente de se reconstruire. On lit ensuite le point de vue de sa fiancée et puis la fin du roman s'accélère avec la succession de leurs trois voix à nouveau dans la dernière partie. Calle m'a donné envie de découvrir Stockholm à travers le regard (amoureux?) qu'il porte sur cette ville.

J'ai apprécié la lecture de ce roman qui est loin d'être léger.

Je remercie Dana Burlac et les éditions Denoël pour ce partenariat.

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