Le peintre d'éventail

d'Hubert Haddad



Quatrième de couverture:

C’est au fin fond de la contrée d’Atôra, au nord-est de l’île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de Dame Hison dont Matabei apprend à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques. Attenant à l’auberge, avec en surplomb la forêt de bambous et le lac Duji, se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s’attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d’éventail et un subtil haïkiste. Il devient peu à peu le disciple dévoué de maître Osaki. Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du Zen, en attendant d’autres bouleversements… Avec le Peintre d’éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d’initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce. Sublime Japon !

Mon avis:

Ce roman s'ouvre sur la présentation du narrateur, Xu, qui veut nous rapporter l'essentiel des paroles de son maître Matabei le jour où ils se sont réconciliés. On oscille ensuite entre son récit et surtout celui de Matabei qui nous raconte ce qui l'a amené à se retirer de sa vie citadine, ce qu'il a découvert auprès de Dame Hison et auprès de maître Osaki. 

J'ai beaucoup apprécié son histoire, sa façon de revenir sur son errance et ce que va lui apporter ce vieux peintre d'éventail. De son jardin complexe à ses haïkus, entre maîtrise de éléments et magie des mots... Lui même est présenté par Xu comme un grand maître et j'ai trouvé très agréable de le retrouver comme apprenti de maître Osaki, tiraillé par ses remords, attiré par les montagnes et le lac Duji. J'ai aimé le voir vivre dans un autre temps, ou plutôt hors du temps, et réaliser pourtant que son histoire est contemporaine (avec la description de l'accident ou les ravages du tsunami). Déjà sensible à la poésie japonaise j'ai évidemment été charmée par les haïkus qui s'insèrent dans le texte, mais aussi par le style très soigné avec un vocabulaire faisant appel à tous nos sens lors de la lecture.


 "Chant des mille automnes
le monde est une blessure
qu'un seul matin soigne"

Même quand les évènements sont très durs, la poésie du texte rend la lecture de ces passages agréables. On traverse donc les drames de la vie de Matabei portés par ce souffle, ce vent qui nous ramène vers sa dernière heure auprès de son disciple.

" Mais il faut laisser les choses vivre un peu de guingois autour de toi. L'imperfection ouvre à la perfection. Tu achèveras en esprit l'inachevé. Le jardin idéal n'est qu'un rêve. Oui, rien d'autre qu'un rêve qui invite l'infini par clins d'oeil. C'est l'unique harmonie..."

La fin du roman m'a tout de même  surprise et m'a donné à voir certains passages avec un regard nouveau. 

Je remercie Anna Grinnsnir et les éditions Folio pour ce partenariat!

Commentaires

  1. Lu à l'occasion du prix biblioblog 2014 (et aussi parce que c'était un cadeau de Jérôme). Je n'ai pas le droit d'émettre mon avis avant la fin de votes (alors suspense !!! Ce com est du grand n'importe quoi)

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    1. lol! Ne dis rien de plus alors, je viendrai lire ton avis quand il sera officiellement permis pour toi d'en parler!!!

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  2. Ce que tu dis de ce roman est très tentant même si comme je te l'ai déjà dit ma première rencontre avec cette auteur ne m'a pas parue agréable. Je crains que mon bagage littéraire ne soit pas assez étoffé pour que je sois capable d'apprécier la poésie se dégageant d'un récit.

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    1. Oh, je ne pense pas q'un quelconque bagage soit nécessaire pour cette lecture. Par contre je te comprends, j'ai souvent du mal à retenter avec un auteur qui m'a déçue au premier roman!

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  3. Le titre seul suffirait à me donner envie de craquer...

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  4. On m'a déjà conseillé ce livre. Ton avis me confirme dans mon envie de le lire.

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  5. Adoré aussi ! Je vais continuer ma découverte de cet auteur, c'est certain.

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