Le sermon sur la chute de Rome

de Jérôme Ferrari


Quatrième de couverture:
Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l'impulsion de ses nouveaux gérants. A la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent, pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boissons en "meilleur des mondes possibles". Mais c'est bientôt l'enfer en personne qui s'invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d'irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l'âme humaine à se corrompre. 
Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.


Mon avis:
Je suis ravie d'avoir découvert cet auteur car son écriture est vraiment remarquable. Ses longues phrases qui n'en finissent plus rythment les pages comme s'il s'agissait de sonnets et je suis restée comme scotchée par son flot de mots. Malheureusement, il ne me semble pas à la portée de tout le monde et j'ai parfois eu l'impression que je manquais de la culture ou du niveau d'érudition nécessaires pour prendre la pleine mesure de son travail. 
Je reste mitigée sur ce roman. D'un coté j'ai aimé la construction du récit en lien étroit avec la chute de Rome et donc la destruction par l'homme de tous les mondes qu'il crée, d'un autre j'ai trouvé qu'il était dommage que, malgré l'issue que nous connaissons tous, plus de lumière ne soit pas faite sur ces mondes, avec le flot de vie qui s'en dégage. Même dans les pages où Matthieu et Libero sont heureux ensemble enfants, celles où le bar de leurs rêves amène du bonheur, celles où Marcel se sent libre, celles où Aurélie se repose enfin, systématiquement cette ombre de l'éphémère plane et avec tant de force qu'on ne perçoit quasiment plus leur bonheur... Je crois que ça ne m'aurait pas gênée si ça n'avait été que dans les tournures de l'auteur mais les personnages eux même s'enlisent dans cet esprit négatif. 

J'ai aimé le symbole fort qu'amène le personnage de Marcel qui s'accroche à une photo de famille, comme le dernier bastion avant la disparition d'un monde. J'ai aimé la complexité des personnages dont on voit les rapports très différents qu'ils entretiennent les uns avec les autres. Tous les personnages ont quelque chose d'attachant, malgré leurs défauts, on lit entre les lignes ce qu'ils portent et ce qu'ils vont payer... Mais j'ai trouvé que leur mauvaise image narcissique et leurs regrets étaient trop présents.

Je remercie Tomisika pour l'idée de cette lecture commune!

Commentaires

  1. J'ai quant à moi adoré ce roman, L'écriture bien sûr mais aussi le sens donné à ce sermon, et même ce côté très sombre et pessimiste des personnages ne m'a pas gêné car en parfaite harmonie avec le propos de l'auteur ... le tout formant un univers presque apocalyptique !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est vrai que c'est en harmonie avec ses propos... je l'aurais certainement plus apprécié à une autre période ...

      Supprimer
  2. Je ne sais pas quoi en penser et surtout je n'ai pour l'instant pas envie de le lire.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Laissez une empreinte !