Le reliquaire abyssin

de Jenny White




Quatrième de couverture:
Constantinople, mai 1453. Sept mille hommes se préparent à défendre Byzance contre l'envahisseur turc. Isaac Métochitès et sa famille sont chargés de protéger un reliquaire en argent qui porte une inscription mystérieuse : « Contemplez la Preuve de Chora, Contenant de l'Incontenable ».
Quatre siècles plus tard, le magistrat Kamil Pacha est confronté à l'une des affaires les plus complexes de sa carrière : des dizaines d'antiquités ont disparu des plus grandes mosquées et églises d'Istanbul, pour refaire surface quelques semaines plus tard sur le marché européen. Tandis que ces vols alimentent les tensions croissantes entre chrétiens et musulmans, une série de meurtres menace de détruire définitivement cet équilibre précaire.
Le reliquaire en argent est au coeur de ce trafic. S'engage alors une course brutale entre ceux qui ont juré de le protéger et ceux qui rêvent de s'emparer de son précieux contenu. Et alors qu'il se rapproche peu à peu du reliquaire, ce n'est pas seulement la vie de Kamil qui est en 
danger, mais son identité même.




J'ai lu ce livre dans le cadre d'un partenariat de Livraddict avec les éditions JC Lattès. Un grand merci donc à l'équipe du forum pour la recherche active de partenariats et à aux éditions JC Lattès pour l'envoi de ce livre!!



Mon avis:
Ce livre est un polar historique qui se situe à Istanbul en 1887. Le héros, Kamil Pacha est un magistrat qui mène l'enquête sur un trafic d'antiquités et d'objets volés. 
Le premier chapitre, qui se situe en 1453 à Constantinople, nous fait vivre la fuite d'une famille devant l'arrivée des arabes. Le ton est donné et on sait d'emblée ce qu'est ce reliquaire abyssin, un objet sacré donc, qui contient d'ailleurs La Preuve de Dieu.
Il est assez évident pour le lecteur que derrière la mission de Kamil de régler ce contexte de pillage qui déchire la ville, c'est le secret qui entoure ce reliquaire qui va être au centre du livre... Et bien pourtant, non! J'ai découvert avec plaisir que la priorité de notre enquêteur reste de déjouer ce trafic et que si le mystère s'éclaircit au fil des pages ce n'est finalement pas le centre du livre. 

J'ai aimé la façon dont l'auteur prend le temps de décrire les personnages et de les rendre attachants.  Elif, Ali, Feride ou Huseyin  n'ont pas grande importance dans le déroulement de l'enquête mais ils apportent au personnage de Kamil et on assiste avec lui aux échanges de regards, aux confidences, à des situations simples qui les dépeignent... J'ai trouvé aussi très intéressante la manière dont elle tisse des liens entre Kamil et Malik d'un côté, Omar et Kamil de l'autre. Ces hommes se rapprochent pour ce qu'ils ont en commun malgré des différences de taille. Mais ils s'acceptent tels qu'ils sont. On sent ce respect qui va au-delà des apparences. Le jeune Avi que Kamil va prendre sous son aile va d'ailleurs renforcer ses liens.
Sans cet entourage je ne pense pas que j'aurai accroché au personnage principal, malgré son honnêteté et sa droiture. C'est vraiment par son rapport aux autres tant dans sa famille que dans son milieu professionnel qu'on le découvre vraiment.

J'ai eu peur en apprenant dès le premier chapitre le contenu du reliquaire (la Preuve de Dieu) que le livre tourne beaucoup sur l'aspect religieux. Pourtant là encore, l'auteur s'appuie sur les différents personnages pour nous décrire cette secte plus que sur leurs rites et leurs croyances. Ainsi Malik, Balkis, Sabba et Amida donnent tour à tour vie à cet univers. Leurs forces et leurs faiblesses humanisent cette secte secrète. 
Cependant, il a été très difficile pour moi de supporter les nombreux passages où Balkis apparait tant sa souffrance m'était physiquement insupportable. Il est évident que la façon dont est dépeinte la sage femme  est volontaire : cela en dit long sur les horreurs perpétrées au nom des rites et des religions, mais j'ai eu quand même beaucoup de mal avec ça!

J'ai aussi trouvé ce livre très angoissant à plusieurs reprises. En effet Kamil se retrouve régulièrement seul dans des situations périlleuses au cours de l'enquête. L'idée de renforts est loin d'être évidente et on sent le danger qui pèse sur lui et sur Omar. Ainsi la disparition soudaine d'une personne, à quelques centimètres de lui et à deux reprises renforce bien cette sensation de danger et apporte au versant policier du roman.

Malgré des passages difficiles, j'ai apprécié cette enquête dont le contexte historique et culturel est très bien décrit. J'ai appris que Jenny White avait déjà écrit une enquête menée par Kamil: le sceau du Sultan et je pense que je me laisserai facilement tenter!

Commentaires

  1. Ouaouh il a l'air "costaud" quand même du point de vue historique, tu l'as lu d'une traite?

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