Rien ne s'oppose à la nuit

de Delphine de Vigan


J'ai fini ce livre mardi et ce qui est sûr c'est que j'ai aimé mais pour une fois, j'ai vraiment eu besoin de prendre du recul avant de trouver des mots et de poster mon billet!!!


Quatrième de couverture:



« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force. 

Mon avis:
Ce texte est écrit avec une simplicité, une transparence qui m'ont beaucoup touchée. J'ai été particulièrement sensible à la démarche de l'auteur qui arrive par cette écriture à accepter sa mère telle qu'elle était. A lui rendre sa place. 
Beaucoup de choses résonnent en nous à la lecture de ce genre de texte. Je trouve qu'il n'est pas facile de mettre en mots ce que l'on ressent alors.  Au fil des pages, on entraperçoit les traumatismes qu'elle et sa soeur ont vécus, mais ce n'est pas du tout sa souffrance qu'elle met en avant dans ce roman. J'admire le courage de Delphine de Vigan de faire ce chemin afin de remettre les choses à leur place et d'ainsi éviter de transmettre tant de choses non dites, non comprises à ses enfants. 
J'aime la façon dont elle nous présente sa mère enfant, son entourage, l'univers familial dans lequel elle grandit. Cette fratrie soudée, cette Liane si incroyable et aimante, ce Georges si charismatique. Mais le secret suinte, les drames s'enchaînent, et l'image de ces parents s'écaille... 
Au fil du livre, l'auteure cherche à comprendre sa mère mais aussi sa propre démarche d'écriture. Elle ponctue ainsi son récit sur l'enfance de Lucile, sa vie et les différentes phases de sa maladie par des réflexions sur le sens de sa propre écriture. Cela donne encore plus de force au texte car même si on ne peut ignorer les traumatismes vécus par les filles de Lucile, l'auteur, centrée sur l'histoire de sa mère, laisse peu de place à leur souffrance d'enfant. Ce journal d'écriture, publié à l'intérieur même du roman ajoute une dimension en nous montrant le prix de la résilience.


Le plus dur pour moi, c'est que Lucile  trouve la force de dire à tous ce qu'elle porte et qui la dévore. A ses enfants. A ses frères et soeurs. A ses parents. Et que rien ne change. Rien. Ce silence. Ces non dits qui perdurent. Et malgré le courage qu'il lui a fallu pour oser mettre en mots cette horreur, tous sont complices. Même elle, qui accepte à nouveau cette état de faits... et le mal continue à la ronger.
A lire, absolument!


Commentaires

  1. c'est un très beau roman et quand on rencontre l'auteure on sent qu'elle est très affectée par son passé

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    1. J'ai lu pas mal de billets sur Jours sans faim suite au challenge de calypso. Il a l'air très bien aussi!

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  2. Je comprends ton émotion et la difficulté de la communiquer quand on referme un tel roman...j'ai eu la même pour mon billet !!!
    C'est un récit sublimiment écrit avec toute la pudeur, l'émotion et l'intensité qu'il faut pour toucher le lecteur et faire écho en chacun de nous bien que cette histoire ne soit pas la notre ...Un de mes préférés de De Vigan, et puis le choix de la magnifique photo de sa mère en couverture !! Bref tout est beau dans ce roman !

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    1. C'est vrai que la photo est superbe!

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  3. Céline la voisine!29 avril 2012 à 21:26

    Enfin me voilà qui mets un commentaire! J'ai lu ce livre à sa sortie. J'ai adoré ce livre et ai mis beaucoup de temps à "le digérer" ! Pour moi, il est tout simplement : Super, Pudique, Attachant! J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur apprend à accepter sa mère! J'ai été bouleversée par le poids du secret de famille. Je n'ai qu'un mot à dire "Lisez , Rien ne s'oppose à la nuit, !"
    Céline

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    1. Merci pour ce commentaire tant attendu!!!!
      Et merci de m'avoir prété ce très beau livre!

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